Un écrivain engagé dans son siècle
Cet homme, c’est Victor Hugo. Mais avant de mourir, il faut vivre. Et Victor Hugo, immense écrivain français du XIXe siècle, a vécu avec une intensité hors du commun. Poète, dramaturge et romancier au succès considérable, il dessine, il aime sa femme et ses maîtresses, il chérit ses enfants et s’en occupe comme peu de pères le faisaient à cette époque.
Mais il n’est pas replié sur la sphère familiale, loin s’en faut. Farouchement républicain, il s’oppose violemment à Napoléon III, qu’il appelle « Napoléon le Petit », au point de vivre en exil pendant près de dix-neuf ans. Redevenu député puis sénateur après la chute de l’Empire, il met son immense notoriété au service de son engagement politique et de sa lutte pour la démocratie.
Au Sénat, il pourfend la peine de mort. Il se bat pour la liberté de la presse et l’éducation pour tous, et se fait l’avocat des pauvres et des femmes, notamment pour leur accorder le droit de vote — qu’elles n’obtiendront, imaginez un peu, qu’en 1944. Il défend la cause des prostituées et se bat pour l’amnistie des milliers de partisans emprisonnés ou bannis à la suite de la Commune de Paris, cette grande insurrection de 1871. Il rêve d’une Europe unie, des États-Unis d’Europe. Victor Hugo : un précurseur, un homme libre, un génie.
Cette empathie, cette humanité imprègnent profondément son œuvre entière et l’ont rendu si populaire, notamment à travers des romans comme Les Misérables ou Notre-Dame de Paris, pour ne citer que les plus emblématiques.