Reconnaître un immeuble haussmannien
Placez côte à côte des immeubles de Berlin, de Londres et de Paris : le parisien se reconnaît presque aussitôt. Il est construit en pierre de taille et sa façade, ordonnée mais rarement austère, peut recevoir des figures mythologiques, un bestiaire fantastique ou des décors inspirés de la faune et de la flore.
Sa hiérarchie se lit du bas vers le haut. Le rez-de-chaussée accueille généralement les boutiques. Au-dessus vient l’entresol, moins élevé. Le deuxième étage, dit « noble », possède les plus beaux appartements, de hauts plafonds et souvent un balcon filant. Les troisième et quatrième étages sont plus simples. Le cinquième retrouve fréquemment un balcon continu, surtout destiné à unifier la façade. Enfin, sous les combles, le sixième niveau abritait autrefois les chambres de domestiques : la vue y est vaste, mais la chaleur peut devenir étouffante en été.
Ce paysage est très présent, sans que tous les immeubles de pierre de Paris soient strictement haussmanniens. Environ 45 % du bâti parisien actuel date de la période allant de 1852 à 1914, plus large que les seuls dix-sept ans pendant lesquels Haussmann dirige les travaux.